top of page

La future maman TOC et le déménagement

7 oct. 2016
3 min de lecture

J’ai toujours imaginé en général à quoi ressemblerait le jour où je tournerais la clé de ma serrure pour la première fois, où je déposerais la première boîte au sol avec la conviction que mon chez-moi me ressemblerait. Je ne savais pas à l’époque si j’allais mettre les pieds dans un appartement ou une maison. Je ne savais pas non plus si j’allais être seule ou accompagnée. Évidemment, cette image était dans mon esprit depuis tellement d’année qu’il m’était difficile de savoir à quoi ressemblerait avec exactitude ma vie le jour où j’allais choisir la couleur des murs ou le type de sofa. Une chose était certaine, je n’avais pas imaginé être enceinte de plus de 25 semaines le jour où j’allais avoir mon petit nid. La vie aimait bien me jouer des tours. C’était alors que nous étions en train de chercher une maison, mon conjoint et moi, que nous avons appris que nous allions rapidement vivre à trois. Pourquoi ne pas ajouter une expérience de plus à notre année 2016 en décidant finalement de construire la dite maison, ajoutant du fait même un plus grand délai avant d’être chez soi ! Moi qui avait une tonne d’idées et de plan, un tableau pinterest plein à craquer d’idées de décorations pour chaque pièce de la maison (et même pour la chambre d’un bébé qui n’était pas supposé être à faire dès notre arrivée), j’attendais depuis plus d’un an, impatiente, d’être dans notre maison pour mettre en place ma tonne de projets, fabriquer certaines choses de mes mains, peindre mes murs …


La vie aime bien tout changer mes plans. Elle aime mettre sur les nerfs mon côté TOC. Elle aime me prouver à chaque fois qu’il faut arrêter de PRÉVOIR et PLANIFIER. On commence à déménager alors que je suis à 26 semaines, donc parfois limitée par mon ventre qui devient proéminent et aussi, par bébé qui aime bien s’installer confortablement sous mon diaphragme et m’essouffler. En plus, il fait chaud, une belle semaine de 30°C et plus. Je me fais surveiller sans cesse, on me dit de me reposer et on me donne à déménager les rouleaux de papier de toilette, les boîtes de Kleenex ou les oreillers. On me rappelle que je dois m’asseoir et je vois bien que mon corps n’a plus la même capacité à rester éveillé tard ou à vider des boîtes pour remplir des armoires sans arrêt. Ça me fâche. Mon côté TOC, mon côté indépendante en moi se fâchent. Mes images d’enfance ne ressemblaient pas à ça. Ça ne se résumait pas à me voir assise sur une chaise, prenant une nouvelle pause. Le déménagement s’est bien déroulé, mais il tarde, évidemment, car j’aime quand tout est rangé, installé comme je l’espérais, très rapidement.




Un déménagement, dans une nouvelle maison en plus, signifie aussi, entre les nombreuses boîtes encore remplies et les espaces de rangement mal organisés, de la poussière, du sable, des roches et de la terre qui s’accumule étrangement dans la majorité des pièces de la maison. La cloche TOC retentit alors rapidement. Rien ne peut se faire, rien ne peut fonctionner tant que ces tas de terre, ces taches sur la céramique ou encore ces fils provenant du téléviseur et des nombreuses consoles reliées à ce dernier ne sont pas disparus de ma vie. Vient alors le besoin de tout nettoyer, de tout placer en sachant très bien que tout ce qui était planifié devra attendre alors que tout soit placé et nettoyer, au risque de voir une future maman en crise de larmes, remplie d’hormones et envahie par son trouble d’obsessive-compulsive.


La vie m’apprend tout le jour que je dois parfois « laisser aller », respirer, ignorer et surtout, cesser de prévoir et de paniquer. J’apprends un peu, chaque jour, que même si le TOC l’exige, il faut parfois le pousser et lui dire « hey, laisse moi respirer un peu, veux-tu ? », car là, Maman est épuisée d’avoir frotter la céramique à plein bras et n’a envie que de cacher tout ce qui est empilé et éparpillé dans un énorme garde-robe sans fond sachant très bien que même l’idée de ce garde-robe désorganisé finira par la hanter dans peut-être quatre ou cinq jours. Je sais très bien, depuis longtemps, que ce besoin d’organisation devra prendre un peu le placard, lui aussi, lorsque bébé apparaîtra dans notre vie … J’apprends, j’apprivoise les quelques petites tâches sur le comptoir que je rencontre et même cette pile de papier entasser dans un coin de la cuisine.


Au fond, un coussin ou deux mal placés et un jouet plein de bave dans une craque du sofa n’a jamais tué personne … Sauf si elle était un peu trop TOC !


 
 
 

Commentaires


Posts Récents
Rechercher par Tags
Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square
  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon

©2016 par Marina Dubois, Tralalèreuh

bottom of page