Quand l’allaitement n’est pas comme dans mon « monde de pouliches »

Source : http://www.vivre-femme.com/sein-ou-biberon.html
Depuis le jour où j’ai su que je voulais devenir une maman (dans mon cas, ce fût très tôt), je désirais allaiter! Je trouvais ça tellement beau l’image que me projetait l’allaitement : un petit bébé collé, au chaud, sur sa maman qui satisfait ses besoins primaires. Au fil des années, j’ai vu plusieurs femmes de mon entourage devenir mères et allaiter. C’était simple et naturel!
Enfin arriva le jour où je sus, moi aussi, que j’allais être mère et connaître ce bonheur. Lorsque les infirmières, les médecins ou même mes amies me demandaient si je voulais allaiter, la réponse était bien simple et rapide : « OUI, c’est certain! » Je m’étais bien préparée… J’avais des camisoles et soutiens-gorges d’allaitement, j’avais suivi un cours prénatal sur l’allaitement, j’avais acheté de la crème à la lanoline et j’avais même acheté des sacs de congélation en prévision de tirer du lait.
C’est lorsque je donnai naissance à ma cocotte que je me rendis compte que la réalité était bien différente… J’avais eu une grossesse parfaite, un accouchement de rêve, mais l’allaitement était difficile! Tout ne peut pas être parfait et malheureusement, il y a certaines choses qu’on ne peut pas contrôler. Ma fille ne prenait pas assez de poids, elle dormait au sein et elle ne semblait jamais rassasiée. Étant de nature persévérante, je me décidai à consulter une infirmière spécialisée en lactation. J’ai tenté bien des choses : le dispositif d’aide à l’allaitement (un merci spécial à ma précieuse amie qui m’a aidé à utiliser cette méthode que j’ai détestée), les produits naturels, le tire-lait après chaque boire pour stimuler ma production, mettre bébé au sein à la demande, la dompéridone à dose maximale, etc. Même avec tout ça, mon bébé ne prenait pas assez de poids et je dus commencer à compléter avec de la préparation commerciale. Quel deuil pour moi que de ne pas pouvoir allaiter exclusivement! J’en ai pleuré des larmes (vive les hormones) et combien de fois me suis-je demandé pourquoi MOI, je ne pouvais pas allaiter comme tout le monde (ou presque)?!? J’ai passé par une variété de sentiment : la tristesse, la colère, la culpabilité (ce nouveau sentiment qui arrive avec le rôle de maman), l’injustice… Je peux vous dire que mon côté « control freak » en a pris un méchant coup! C’est lorsqu’on a un enfant qu’on se rend compte que bien des choses ne se « contrôlent » plus! Au fil des semaines, j’ai tranquillement accepté (du moins, essayé) cet allaitement qui n’était pas aussi parfait que dans mon « monde de pouliches » (lire ici : mon monde parfait). Au final, mon proverbe « un jour à la fois » m’a permis d’allaiter ma fille pendant 4 mois.
Lorsque je suis tombée enceinte de mon deuxième enfant, je croyais enfin que l’allaitement irait mieux. Malheureusement, le scénario « copié/collé » se reproduisit. Par contre, j’ai vécu cela de façon très différente. Même si j’avais encore un petit deuil à faire dans mon cœur de maman, j’étais beaucoup plus zen et surtout, je me sentais moins coupable de ne pas donner le « meilleur » lait à mon enfant. Non, je ne donne peut-être pas 100 % de mon lait, mais je lui donne le meilleur de moi-même et au final, c’est ce qui compte! Une de mes grandes qualités (que j’espère transmettre à mes enfants) est la persévérance et je suis capable d’affirmer que j’ai tout essayé ce qui était possible de faire à l’intérieur de mes limites personnelles. J’ai donc donné le 100 % de moi-même à mes enfants. Avec du recul, je me rends compte que ce mixte allaitement/biberon est probablement ce qui convient le mieux à mon rythme de vie… Je suis une fille très active et je suis rarement à la maison. Je peux laisser mon coco une heure à la garderie du gym ou une soirée à papa sans me préoccuper des heures de boire. Je réussis tout de même à trouver mon bonheur à travers ce choix que la vie m’a imposé. Et comme on dit si bien… Une maman heureuse = un bébé heureux! J’allaite et je « biberonne » encore mon fils depuis deux mois et nous continuerons ainsi tant que nous serons bien tous les deux.


















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